SobriétITé et Covid 19

créé le 09/05/2020 mis à jour le 07/06/2020

Dans cette analyse, sont considérés les impacts que la pandémie de Covid 19 et les mesures de confinement ont induit dans notre relation au et par le numérique. Plus qu'une analyse personnelle, il s'agit d'une synthèse d'analyses commentées organisée autour du plan suivant :

Résistance des infrastructures réseau(x) face à une augmentation des sollicitations

On accède au monde par une chrysalide de fibres optiques. Et on confond la vibration de ses fils avec les vibrations du dehors.
Alain Damasio : « Pour le déconfinement, je rêve d'un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »
28 avril 2020 Propos recueillis par Hervé Kempf pour le journal Reporterre

Il n'y a pour l'instant pas de risque de goulot d'étranglement car les réseaux d'Internet fixes? sont justement prévus pour des utilisations à domicile avec une grosse bande passante.
Une surveillance du trafic va être mise en place pour s'assurer qu'aucun point de fragilité n'apparaisse et pour gérer les pics d'activité, qui risquent en effet de durer plusieurs semaines. Le travail de préparation a été fait et s'est intensifié réellement ces derniers jours. L'objectif, c'est que la Nation continue à vivre malgré des contraintes assez fortes en matière de confinement.
point avec Michel Combot, directeur général de la Fédération française des télécoms pour 20 minutes

« Ces dernières semaines, nos serveurs se sont fait prendre d'assaut par des vagues d'utilisateurs espagnols et italiens », raconte l'un des membresde Framasoft. Depuis samedi 14 mars, toute l'équipe est sur le pont pour maintenir les services face à l'explosion du nombre d'utilisateurs provoqué par le confinement. « On a dû [...] louer de gros serveurs pour avoir plus de puissance. On travaille à mieux configurer Framatalk et Framapad, qui sont massivement utilisés ».
source Reporterre

Incitation massive à la surconsommation de numérique

Par le gouvernement, les entreprises
Télétravail
« Tous ceux qui peuvent télétravailler doivent télétravailler, c'est impératif », décrétait, le 17 mars dernier, le Premier ministre, Édouard Philippe. Bon gré mal gré, près de 8 millions de personnes, soit un tiers environ de la population active, ont dû s'aménager un coin de bureau dans leur domicile.
source Reporterre
Continuité pédagogique
Sur le site EdTEch (Avant de devenir une association, EdTEch France a d'abord été une initiative d'entrepreneurs lancée en novembre 2017 par la publication d'un manifeste signé par 180 entreprises innovantes. L'ambition était clairement affichée : "faire de la France la EdTech Nation".), la fenêtre suivante s'affiche
La filière EdTech s'engage. Pour assurer la continuité pédagogique pendant la crise sanitaire du Covid-19, les entreprises de la filière EdTech française ont décidé de mettre - gratuitement et sans conditions - leurs solutions, contenus, ressources et outils numériques à disposition de tous les apprenants.
Le Canard enchaîné du mercredi 18 mars cite le directeur général du réseau EdTech France : « Évidemment, on espère qu'il y aura des actes d'achat après cette période. » Que la décision d'un confinement de plus en plus strict relance la promesse d'un salut pédagogique par le numérique n'a rien d'étonnant venant de marchands de numérique.
La « dématérialisation » est là, et dans la précipitation de l'impérieuse « continuité pédagogique », la parole médiatique du ministre Jean-Michel Blanquer n'est plus une prise de position idéologique critiquable mais une évidence rassurante. Le ministre ne cesse de le claironner : « Nous sommes prêts. »
Dans les faits, personne n'était prêt. Immédiatement, personnels, parents et élèves ont été confrontés à la réalité d'une vraie rupture, d'autant plus brutale qu'elle ne fut en rien préparée, et continue d'être niée par l'usage du terme même de « continuité ». Se sachant investis d'une tâche essentielle et poussés dès les premières heures à être dans l'action, les enseignants se sont immédiatement précipités dans le travail. Face aux dysfonctionnements des rares outils de communication institutionnels existants, ils se sont lancés dans des initiatives en tous sens pour préserver le lien avec les élèves et les parents. La multiplication des dispositifs au sein d'un même établissement, et dans les familles, hors de toute concertation d'équipe (rendue quasi impossible par l'urgence sanitaire et l'abandon institutionnel) ont plongé beaucoup dans un état d'anxiété supplémentaire, au risque de multiplier les décrochages. source Reporterre L'école confinée laboratoire du monde numérique
Alors que le pays se claquemure et bascule dans la vie virtuelle, l'Éducation nationale invite à la « continuité pédagogique ». En clair, comme dans tous les secteurs, accélération de la numérisation : plateformes, tablettes, webcams, classe virtuelle, espaces numériques de travail, WhatsApp, Pearltrees, etc. Mais pour ce qui constitue la « pédagogie », soit la façon de faire apprendre, c'est exactement ce qui relève du travail de l'enseignant, quelle que soit la méthode qu'il emploie.
On peut en offrir un simulacre. Une visioconférence avec la classe qui regarde et presse la touche « lever la main » (comme dans tout bon jeu télé instructif), par exemple, soit une débauche de moyens pour des cours plus difficiles à suivre, impossible à généraliser : pannes, manque de matériel, famille nombreuse, bande passante, etc.
Source Reporterre Sans enseignants la pédagogie virtuelle aggrave les inégalités

Par les sociétés commerciales,
offres promotionnelles Amazon, Netflix à titre d'exemples
« En ce moment, Amazon se fait un pognon de dingue », dit un membre du syndicat. « Depuis une semaine, je ne charge que des DVD, des livres, des chargeurs de téléphone ou des objets sexuels, parfois un paquet de chips », raconte Christophe Néant, salarié sur le site d'Amazon à Montélimar (Drôme). « Bref, rien d'essentiel mais on nous fait travailler comme des fous. »
Amazon se rend incontournable. En Italie, elle a offert son service prime vidéo à toute la population pour éviter qu' « elle s'ennuie ». Les Italiens pourront visionner gratuitement grâce à elle des dizaines de milliers d'heures de séries et de films.
source Reporterre

Vente de livres en période d'épidémie : si la vente de livres en librairie n'est pas « indispensable » à la vie de la nation, pourquoi la vente de livres par Amazon ou un hypermarché l'est-elle ? source syndicat dde la librairie française
"Regardez la journée typique des gens en ce moment: ils travaillent en ligne, en utilisant peut-être des outils collaboratifs alimentés par les serveurs d'Amazon. Ils font leurs courses sur internet et le soir ils se divertissent avec des plateformes comme Netflix, qui fonctionnent à partir du cloud d'Amazon", constate Bob O'Donnell, de Technalysis Research. source Ouest France

Renforcement de la mise en dépendance

Je suis tenté de faire un parallèle avec le numérique : tu peux incriminer les Gafa, mais personne ne t'oblige à t'inscrire sur un réseau social aussi fliqué que Facebook, à utiliser Google (la machine de guerre du traçage) comme moteur de recherche, à laisser tes courriels être lus par des collexiqueurs. Nous sommes parfaitement libres d'utiliser ou non ces outils hautement tracés. Ces entreprises vont tout faire pour nous pousser à la dépendance, bien sûr. C'est leur cour de business : designer la dépendance, revendre les traces. Mais il y a toujours moyen de refuser, d'y échapper, d'utiliser Framasoft, des moteurs et des logiciels libres. De ne pas avoir de smartphone. Ce combat est d'abord à mener entre soi et soi, pour savoir jusqu'à quel point - au nom de la sécurité, du confort et de la paresse - on est prêt à cesser d'être une femme ou un homme libre.
En ce moment, on n'éprouve nos relations qu'à travers le numérique : on va mesurer ce que ça implique vraiment de boire un coup au café, se faire un petit restau ensemble ou une bouffe à la maison, retrouver cette chair, ce magnétisme des corps, cette vibration de l'échange incarné. Les gens prennent conscience qu'aucune appli vidéo ne remplace le face à face.
Les Gafa périront d'elles-mêmes quand on aura compris qu'internet doit devenir un service public. Du commun au même titre que l'air et l'eau. Un commun mondial. On doit travailler à ça autant qu'à une économie solidaire.
Alain Damasio : « Pour le déconfinement, je rêve d'un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »
Propos recueillis par Hervé Kempf pour le journal Reporterre

Le refrain « métro, boulot, dodo » a été remplacé par la nouvelle routine « du lit à l'ordi ».
Mais avec l'enfermement au domicile, pour beaucoup, les écrans deviennent un mode quasi-exclusif d'accès au monde ; le commerce en ligne explose, et même l'organisation de réseaux d'approvisionnements locaux en légumes et produits frais passe souvent par des sites Internet ; la consommation de jeux vidéo s'envole ; le nombre de consultations de « télémédecine » montent en flèche (alors qu'elles n'apportent rien de plus en général qu'une conversation téléphonique) ; la « continuité pédagogique » se fait aussi par ordinateur, au mépris de toutes les recommandations médicales de limiter l'exposition des enfants aux écrans ; et des millions de personnes se retrouvent à travailler chez elles - non plus « métro-boulot-dodo », mais directement « du lit à l'ordi ».
stratégie du choc numérique
Il nous semble juste de parler de stratégie du choc numérique, au sens où la crise sanitaire crée l'occasion de renforcer la dépendance aux outils informatiques, et de déployer des projets économiques et politiques pré-existants : enseignement à distance, recours massif au télétravail, « e-santé », Internet des objets et robotisation, élimination de l'argent liquide au profit de la monnaie électronique, promotion de la 5G, smart city. On peut aussi faire figurer dans ce tableau les projets de suivi des individus par leur smartphone, au-delà de ce qui se pratiquait déjà en matière de surveillance policière, de marketing, ou de rencontres amoureuses par applications dédiées. Ainsi le risque n'est-il pas seulement que les choses restent « comme avant », mais qu'elles empirent nettement.
source revue Terrestres Un monde sans contact

Flot continu d'informations, de chiffres
Celui qui souhaite analyser les chiffres, leur évolution trouvera plus de faciliter à les consulter sur internet pour avoir les valeurs de dernière fraicheur. D'ailleurs Google ne s'y ast pas trompé en proposant sa Carte du coronavirus (COVID-19) sur une recherche avec le mot clé "Coronavirus", un message précise ensuite dans la rubrique "À propos de ces données" : La situation évolue rapidement.
Ces données évoluent rapidement et peuvent ne pas tenir compte de certains cas encore en cours de signalement.
Sans parler du bandeau "Alerte Covid19" mais en s'empressant de préciser pour décliner toute responsabilité :
Informations fournies uniquement à titre indicatif. Renseignez-vous auprès des autorités sanitaires locales.

Atteinte aux libertés, à l'égalité, à la fraternité

Liberté
On assiste à une campagne de propagande qui, coordonnée avec des pressions extérieures, comme des pressions patronales, rendrait le consentement illusoire. Je crois que les gens en ont de plus en plus marre de l'emprise du numérique. Ils ont peur de ces technologies. Ça fait des années qu'ils sont envahis d'applications et de logiciels.
Cela donne l'impression d'agir tout en faisant diversion. En parallèle, des choses préoccupantes avancent.
le déploiement des drones se fait hors de tout encadrement juridique,
On aura habitué une partie des jeunes adultes à des mécanismes de surveillance renforcés. C'est terrorisant de voir que l'on instrumentalise l'éducation pour tester ces dispositifs sécuritaires. (reconnaissance faciale,...)
Il n'y a plus de gendarme qui veille sur les libertés. La Cnil (la Commission nationale de l'informatique et des libertés) est complètement débordée, elle est au service minimum avec ses agents confinés ou malades.
Avec cette pandémie, on risque d'avoir un effet cliquet. À partir du moment où une partie de la population renoncerait à une liberté, à l'intimité ou à l'anonymat dans la rue, ce serait très dur de la retrouver par la suite.
Reporterre Entretien avec Arthur Messaud La dérive sécuritaire s'amplifie sous le couvert de la pandémie
Arthur Messaud est juriste et salarié de l'association La Quadrature du net.

D'ailleurs, au premier rang de la stratégie du choc menée par le gouvernement français figure l'installation simplifiée des antennes-relais, contestées par tant de riverains et d'associations, notamment pour motifs de santé. La loi d'urgence du 25 mars 2020 permet leur déploiement sans l'accord de l'Agence nationale des fréquences. Dans le même temps, l'explosion du trafic Internet lié au confinement justifie la poursuite du déploiement du réseau 5G [...]
la presse rabat les inquiétudes qui s'expriment à ce sujet, en différents endroits du monde, sur des thèses improbables reliant la propagation du COVID-19 aux ondes 5G. Les Gafam vont jusqu'à envisager ces derniers jours de supprimer de nombreuses publications en ligne qui alarment sur les effets de cette nouvelle étape dans l'intensification des champs électromagnétiques artificiels. Or, ces alarmes sont souvent parfaitement légitimes : d'une part parce que déployer, sans en connaître les effets, une source de pollution électromagnétique au moins deux fois supérieure à celle de tous les réseaux déjà existants est une aberration du point de vue du principe de précaution ; d'autre part parce que le danger le plus avéré du réseau 5G est qu'il doit servir d'infrastructure à la prolifération des objets connectés, des voitures automatiques et, globalement, d'une société hyperconsumériste dont les effets sociaux et écologiques sont intenables.
source Ecran Total

Lors de manifestations du 1er mai 2020, les Gilets Jaunes ont scandé le slogan : On veut être dépisté, pas pisté pour traduire les craintes par rapport à l'atteinte aux libertés.

Egalité Quid des familles marginalisées socialement et territorialement, sans accès à internet ou matériel informatique suffisant ? Quid de la vraie fracture numérique qui se trouve dans des inégalités d'usage, de soutien tiers, éloignant plus encore les élèves de familles défavorisées des apprentissages ? Est-il bien raisonnable de demander aux familles déconnectées de briser leur confinement en se rendant dans les établissements pour récupérer des documents pédagogiques ?
source L'école confinée, laboratoire du monde numérique - Christophe Cailleaux, Amélie Hart-Hutasse et François Jarrige

Sans enseignants, la « pédagogie virtuelle » aggrave les inégalités
Bien sûr, il y aura du véritable enseignement. Les élèves « scolaires », éveillés, bon lecteurs, enfermés avec des parents désouvrés au fort niveau d'études - ceux-là vont bénéficier d'une pédagogie efficace : l'instruction en famille. Pendant ce temps, une autre frange va vite abandonner : déjà en grande difficulté, incapable de travail semi-autonome pendant dix minutes en classe, dont l'entourage travaille ou ne maîtrise pas les contenus source tribune Reporterre

Le problème frappe également les fratries nombreuses : « S'il y a plusieurs enfants, tous ont besoin d'un ordinateur. Ce n'est déjà pas donné à tout le monde d'avoir un ordinateur chez soi. Et si un des parents est en télétravail, c'est la galère », souligne Gwenaëlle. Le phénomène ne toucherait que 5 % des élèves, selon Jean-Michel Blanquer. « Ces 5 % , le ministre oublie d'indiquer que cela représente 650.000 élèves », dit Jules Siran.
source Enquête reporterre

L'application "miracle" Stop Covid

N'est-il pas aussi important de revenir sur les risques que comporte l'application StopCovid ?
Son efficacité est hasardeuse. Il faudrait qu'une majorité de Français la télécharge, or, plus de 23 % de la population n'a pas de smartphone. Et cette proportion augmente avec l'âge. 66 % des personnes âgées de plus de 70 ans n'ont pas de portable intelligent, alors qu'elles sont les plus vulnérables au virus.
La technologie Bluetooth que prévoit d'utiliser l'application StopCovid n'est pas non plus performante. Son champ de détection varie d'un appareil à un autre. À certains endroits très densément peuplés, on risque d'assister à une explosion des faux positifs, ce qui rendrait l'application inutile. Rappelons également que la population n'a pas encore accès à des tests de façon régulière pour se signaler !
Dans le domaine médical, on ne va pas mettre sur le marché un médicament dont les bienfaits n'ont pas été démontrés mais dont on connaît les effets nocifs. En matière de logiciel, c'est la même chose. Je ne comprends pas pourquoi ce réflexe assez simple disparaît quand on aborde les enjeux liés aux nouvelles technologies.
Cela donne l'impression d'agir tout en faisant diversion. En parallèle, des choses préoccupantes avancent.
source Entretien avec Arthur Messaud pour le journal Reporterre
Arthur Messaud est juriste et salarié de l'association La Quadrature du net.

StopCovid : cybernétique, éthique et colégram, une analyse par le journal Lundi matin regroupant différentes critiques morales du traçage numériques : critiques de la technique, critiques depuis la cybernétique ou depuis l'humanisme.
(J'adore l'illustration par une carte de jeu Aide à la fusion cybernétique et l'analyse de la position des Capitalistes cybernétisés, dont Cédric O)

À l'initiative du collectif Écran total, une tribune a été publiée dans la revue Terrestres et sur un blog Médiapart pour appeler au boycott de l'application numérique Stop-Covid 19 qui a pour objectif de surveiller les déplacements des personnes au moyen de leur smartphone.
Prenons la mesure de l'imposture : dans un contexte de pénurie grave des moyens ordinaires pour lutter contre la contagion (trop peu de masques et de blouses à l'hôpital, manque de soignants et de lits à l'hôpital et en dehors, peu de tests), on nous propose à la place un gadget de science-fiction, les applications de détection électronique de la transmission du coronavirus. Aucune annonce claire n'est faite dans le sens d'un soutien financier massif et structurel aux hôpitaux publics pour faire face à une crise qui va durer ; par contre, on s'apprête à franchir un nouveau cap dans la traçabilité systématique des déplacements et des relations sociales - au moins, dans un premier temps, pour ceux qui l'acceptent. Les résultats sanitaires sont plus qu'incertains ; les conséquences politiques, elles, ne font pas de doute. source Ecran Total

Une efficacité hasardeuse
Utilisation trop faible
seulement 77% de la population française a un smartphone et cette proportion baisse à 44% pour les personnes de plus de 70 ans, alors qu'elles sont parmi les plus vulnérables ;
16% de la population de Singapour a utilisé l'application équivalente - ce qui n'a pas empêché de devoir finalement recourir au confinement.
Résultats trop vagues
Contre-efficacité sanitaire
Des libertés inutilement sacrifiées
Discriminations
Surveillance
Acclimatation sécuritaire

source La Quadature du Net

Exemple chez Ferrari "Previsto il tracciamento dei contatti delle singole utenze, nel rispetto della privacy individuale, grazie a una gestione della piattaforma esterna ed estranea a Ferrari." avec une soit-disant garantie de la vie privée en confiant la gestion à une plateforme externe !!!
source La provincia di Cremona

Désinformation, informations contradictoires

Ce n'est pas de votre faute si vous ne comprenez rien, si vous êtes ballotté entre des amis, des voisins, des journalistes, des blogueurs ou encore des "youtubeurs" qui, chacun ont leur opinion qui paraît valable, tout en étant incompatibles les unes avec les autres.
C'est le résultat logique de la communication gouvernementale qui introduit confusion et contradictions partout.
(exemple sur les masques, une deuxième vague épidemique...) Car, si vous êtes de bonne foi, cela fait déjà plusieurs semaines, que vous n'avez plus aucun moyen de savoir ce qu'il faut raisonnablement penser de la situation.

une bonne leçon de la philosophe Hannah Arendt "Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez", disait Hannah Arendt.
Lorsque, en tant que citoyen "de base", vous vous faites ainsi ballotter par des informations contradictoires, sans aucun moyen de savoir qui dit vrai, c'est le signe que vous êtes en danger, selon la philosophe Hannah Arendt, rescapée du nazisme et spécialiste des systèmes totalitaires.
article de Jean-Marc Dupuis de la revue "Santé Nature Innovation"

Pour finir en beauté

La proposition de loi Avia pour juguler la haine en ligne a été votée définitivement le mercredi 13/05/2020 à l'Assemblée.
Initialement présentée comme une loi contre la haine, la proposition de loi de Laetitia Avia (LREM) s'est transformée en janvier dernier en une loi anti-terroriste (.) de plus en plus éloignée du principe de séparation des pouvoirs, estimait la Quadrature du net.
Une nouvelle obligation vient éclipser le reste de la loi, ajoutée au paragraphe I de son article 1. Elle exige que TOUS les sites Web (pas uniquement les plateformes géantes) censurent en 1h (pas en 24h) les contenus signalés par la police comme relevant du « terrorisme » sans que cette qualification ne soit donnée par un juge, mais par la police seule. Si le site ne censure par le contenu (par exemple car le signalement est envoyé un week-end ou pendant la nuit) la police peut exiger son blocage partout en France par les fournisseurs d'accès à Internet (Orange, SFR.).

Cette nouvelle loi remet donc directement en question le droit à l'information, rappelant encore une fois ce mot de Benjamin Franklin :
un peuple prêt à sacrifier sa liberté au prix de sa sécurité, n'est digne ni de l'un ni de l'autre, et finit par perdre les deux.

Accéder à la liste des députés qui ont voté cette loi pour savoir comment s'est comporté votre élu (pas forcément l'élu de votre coeur !) par Polemia (attention site de tendance extrème droite mais qui présente l'avantage de recenser l'ensemble des votes sur cette loi).

La sobriétITé, garde-fou face à ces dérives

En permettant de prendre du recul par rapport à notre dépendance au numérique, la sobriétITé évite de se laisser emporter par le tourbillon du flot de d'informations incontrôlé et aide à résister à la multiplication des sollicitations qui renforcent cette dépendance.

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